L'oulipien

 







Après mon exposé sur l’Oulipo à mon séminaire de Maîtrise, Queneau m’a envoyé chez François Le Lionnais qui était mon voisin à Boulogne, et je suis devenu esclave de l’Oulipo. Je devais mettre de l’ordre dans les papiers confus et publier le premier livre sur l’ouvroir. Ensuite, j’ai été membre, puis secrétaire définitivement provisoire et, à la mort de Noël Arnaud, Président. C’est la plus belle navigation intellectuelle que l’on puisse imaginer : c’est actif, c’est modeste, c’est complexe, c’est parfaitement divers. Combien de personnes ont la chance de se retrouver entre amis deux ou trois fois par mois pour ne parler que de choses créatives et passionnantes et de voir travailler pour de bon des Queneau, des Perec, des Calvino, des Roubaud ?

Les oulipiens sont mes amis et l’on dit d’eux qu’ils sont un roman de Queneau in vivo. Si cela est vrai, je dois à l’Oulipo d’être un personnage.